bravo.....rolland....mon ami

Publié le par Sarah

je voudrais vous parler de mon ami Roland... un passionné doublé d'un homme de devoir avec un coeur gros comme ..... y a pas de comparaison possible à ma demande, il m'a fait passer par mail un topo sur son dernier périple en Amérique Latine et une série de photos j'ai été obligée d'amputer son récit pour des questions pratiques mais je me suis appliquée à conserver l'esprit de son texte par respect pour son engagement cela me ferait plaisir que vous lisiez jusqu'au bout ce long témoignage vous trouverez aussi à la fin quelques liens qui compléteront cette aventure




Qu'est ce qui nous pousse, simples anonymes à nous lancer dans les projets les plus fous. Les passionnés que vous êtes comprendront ce que nous ressentons et ce qui nous entraîne à faire de la moto autrement et à dépasser les limites de nos modestes ambitions. Notre envie de découverte est toujours présente avec le besoin d’aller plus loin, peut être tout simplement de se prouver quelque chose, de chercher,de voir différemment et d’apprécier surtout l’instant présent. Dès 1998, nous avons cherché à associer à la rudesse sportive des voyages, un aspect culturel ou éducatif, tout en conservant cette notion indispensable à toute aventure : la liberté. Cette liberté si chère nous impose de n’avoir aucune assistance sinon la nôtre, de dormir où nous pouvons, dehors, dans une grange, un local quelconque ou sous une tente, de manger à n’importe quelle heure, en bref de ne dépendre que de nous-mêmes, mais toujours en respect avec les gens et lieux que nous visitons. Tout naturellement le partage de nos précédentes virées nous a amenés à nous coller à un projet véritable trait d’union entre des jeunes parfois difficiles et une icône de cet esprit de liberté que représente le «Che». L’idée première est d’associer un établissement scolaire, des jeunes de quartiers défavorisés à une idée originale et intéressante . Une organisation autour d’un programme éducatif, démographique, géographique et économique sur l’Amérique du Sud. Le catalyseur étant une tribune du Stade Vélodrome, à Marseille ayant comme emblème : le Che. Ces enfants ont réalisé hors cours scolaires, une fresque d’une vingtaine de mètres représentant 20 étapes où E. Guevara a séjourné durant son voyage et qui a fait l’objet de nombreuses expositions. Notre rôle n’a concerné que le côté sportif dépouillé (et nous y tenons,) de toute idéologie partisane et politique. Nous préférons plutôt parler d’E. Guevara, qui en 1951 entreprit son voyage en moto, une 500 Norton baptisée la Poderosa (la puissante). L’itinéraire n’a été que la réplique de son parcours mais planifié sur 3 ans pour des raisons économiques et professionnelles. (Ces voyages étant à notre charge et pris sur nos congés annuels ). Première partie en 2007 reliant Buenos Aires à Valparaiso. Cette année, ce sera Valparaiso-Lima. Pour des raisons de transport maritime l'itinéraire sera inversé avec les passages de la Cordillière des Andes. 2009 verra l probablement a fin de cette aventure par la liaison finale Lima - Caracas. Notre premier souci et pas le moindre a été d’expédier la BMW K 750 de Marseille et sa réception à Lima. La démission du responsable de la société de transport que nous avons contacté quelques semaines auparavant nous a contraint à contacter dans l’urgence un autre transitaire. C. parti à Lima une semaine avant nous, n’a pu récupérer le side que la veille de notre arrivée. Nous sommes pris en otage par la négligence ou l’ignorance et le manque de coordinations entre les services portuaires. Après un voyage en avion avec B. de 24 h nous retrouvons C. et E. à l’aéroport de Lima. Bienvenue en Amérique Latine!!!! enfin l’aventure commence. E.,le plus téméraire des aventuriers en BMW R12, globe-trotter auvergnat revient d’un voyage en Argentine, la Terre de Feu et d' une virée en Bolivie, soit environ 7000km. Il nous en raconte les grandes lignes. D’un commun accord nous décidons de partir dès le lendemain afin de nous donner un peu de marge pour faire face à un éventuel incident . Cap au sud et première étape à Pisco, ville ravagée il y a quelques années par un séisme qui en porte encore de nombreux stigmates. Le soir nous tombons sur la fête du village où les gens semblent conjurer le mauvais sort. La joie prend le pas sur la peine. Contraste entre cette ville en ruine et l’animation joyeuse de cette place épargnée.





Nous découvrons la boisson locale le «Pisco», alcool fort ressemblant à la grappa italienne. Ajoutez-y du sucre de canne, un œuf, du citron et un tour de main expert et l’on obtient la boisson nationale le « Pisco sour». Départ pour rejoindre Nasqua. Arrêt imposé à Ica car suite à un bref moment d’inattention, on nous a volé notre caméra et tous les cordons des appareils photos. Une catastrophe car nous devions faire un film proposé au festival du court métrage : Motostrad. Nous passons quelques heures dans cette maudite petite bourgade entre commissariat de police et centre ville pour acheter un appareil de remplacement. Un motard de la police voyant notre désarroi nous sert de guide. Nous le remercions chaleureusement en lui offrant le repas de midi et en décorant symboliquement son casque d’un magnifique autocollant de la FFVE . Nous installons nos tentes à Nasqua et premier essai avec succès de notre réchaud à essence.Depuis que nous voyageons ensemble, les tâches sont reparties et respectées par tous.A B. la topo, C. le mécano et à R. le réchaud , chacun bien entendu à la disposition de l’ensemble.





 Le lendemain, départ matinal à 6h sous la pluie; le froid et le brouillard augmentent au fur et à mesure de notre lente progression, compte tenu des forts pourcentages du col Abra Condor Cenca à 4390 mètres. Durant une dizaine de jours nous allons faire le yoyo à cette altitude, ce qui nous obligera plusieurs fois à régler les carburateurs. Nous traversons la Pampa Galéra qui porte bien son nom . Mis à part une petite ferme au sommet d’un col où nous achetons du queso rico (fromage très salé), rien à signaler, mis à part ce désert vert immense jusqu’à Puquio et une arrivée sous une trombe d’eau glacée. Bien que supportant l’altitude, des maux de tête sont fréquents



Le 15 janvier toujours dans le froid et le brouillard nous roulons sur l’Altiplano et nos rencontres avec lamas et alpagas sont de plus en plus fréquentes. Nous conduisons prudemment car à plusieurs reprises nous avons du les éviter, n’hésitant pas à traverser devant nos roues.






Le chef cuisto proposera ce soir un repas chaud et typique «brochettes de foie et de tripes de lama», le tout accompagné de pommes de terre grillées, un vrai régal arrosé d’une «quesquenia negro» ( bière nationale) . Départ matinal pour Albancay avec plusieurs cols de plus de 4000 mètres. Un arrêt s’imposait à Occroro pour les marseillais que nous sommes , avec une pensée pour la tisane de Sainte Marthe, plus connue sous le nom de Ricard.Ce modeste village n’est autre que la capitale mondiale de l’anis (sic). Repas péruvien au bord de la route ou nous goûtons le chicharone, petits morceaux de cochons grillés ainsi que des pommes de terre sautées dans la même huile, le tout accompagné de mate mounia (tisane). Image attachée La route par moment est défoncée et après le col de Nora , nous débouchons sur un vaste plateau large et verdoyant à plus 3700 mètres, pour terminer par la vallée de l’Anta en direction de la ville Inca de Cusco.




Cusco avec les vestiges du temple El mirador de Sacsayhuamam est imprégnée de la culture Inca et de son dernier roi Pachacutec est nommé «le transformateur du monde». Nous rentrons au restaurant Inkanato, que je recommande pour son accueil et ses menus typiquement inca. De plus, ils ont créé un petit musée très sympa. Nous resterons 3 jours dans cette ville où des journalistes de presse écrite ainsi que 2 chaînes télévisées font un reportage sur les motifs de ce périple. Il faut dire que les side-cars sont inexistants au Pérou et que nous sommes pris pour des extra-terrestres.Pour nous qui aimons la discrétion et passer inaperçus, nous sommes servis. Visite obligatoire au site exceptionnel de la «8ème» Merveille au monde: le Machu Pichu.


 


 Après une vallée accessible uniquement en train , nous arrivons sur ce piton rocheux découvert simplement depuis quelques dizaines d’années. C’est absolument exceptionnel de voir l'alignement des maisons en pierres, les cultures en étages et les avancées techniques pour que leurs constructions résistent aux séismes.On sent cette présence invisible des ces adorateurs du soleil et de la lune qui vivaient en parfaite harmonie avec la nature. Si Dieu existe, il a du poser un doigt sur cet endroit pour que les hommes puissent admirer la beauté et connaître l’humilité tant ce site est majestueux et rempli d’émotion. Après une dernière visite à la cathédrale très richement décorée, la route est encore longue. Notre prochaine étape nous mène à Sicuni puis Ayaviri pour la nuit où nous nous régalons d’un fromage local le Queso Paria dans notre chambre à 30 soles (environ 2 euros par personnes)





 En route après le passage d’un col à 4312 mètres, nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin à une source d’eau chaude et nous ne résistons pas à l’envie de nous y plonger. Cette résurgence naturelle sort à 35° et c’est un réel privilège de prendre un bain à cette altitude avec un panorama exceptionnel. Les paysages sont plus de plus en plus verdoyants et d’une région exclusivement d’élevage nous passons à des zones cultivées et le patchwork dans les différents tons de vert est splendide. Après une centaine de kilomètres d’une route en mauvais état, nous arrivons à Juliaca, importante cité au bord du lac Titicaca.





Le mauvais temps nous suit entre pluies, brouillard et éclaircies mais le froid est constant. Le lendemain changement de temps mais malheureusement de courte durée. La journée est ensoleillée, aussi nous profitons de la fête de la Vierge Candelaria pour assister à un défilé de carnaval entre quartiers. Trompettes, tambours, crécelles sifflets, hommes et femmes costumés aux couleurs traditionnelles se succèdent pendant plusieurs heures à travers la ville. Même les trombes d’eau en fin d’après midi ne perturberont pas cette manifestation . Nous prenons la route de Puno, ville réputée pour la qualité de son artisanat. La route longe le lac Titicaca, le plus haut lac navigable du monde avec ses 3808 mètres d’altitude. Nous trouvons un chemin qui nous mène au bord et nous prenons un bain dans une eau à environ 17 degrés.



 Au village de Pomata, nous nous régalons, dans une gargote ouverte aux 4 vents sur la place de l’église, de «truche»: poissons du lac frits accompagnés de légumes, sous le regard étonné de touristes américains.Vers 19h, nous profitons des ruines d’un village fantôme pour y monter nos tentes, sous la protection de San Antonio car l’église est le seul bâtiment debout.



 Le matin , la glace recouvre nos tentes, la nuit a été fraîche. Nous avons pris l’habitude dans la matinée de faire une halte bénéfique aux motos et aux conducteurs.... pour boire un café. . Nous franchissons le plus haut col du voyage à 4800 mètres. Il fait froid et nous roulons souvent en première. La neige n’est pas loin. Nous traversons une région magnifique, une des dernières sur les hauts plateaux. Ce lac qui borde cette route avec à perte de vue, en arrière plan, les sommets enneigés resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Nous commençons à redescendre pour rejoindre Torata et la frontière chilienne. La transition climatique ne tarde pas et bientôt le minéral prend le pas sur le végétal. Petit à petit le désert fait son apparition et ne va plus nous quitter jusqu’à Valparaiso. Nous échangeons à la frontière avec de policiers, quelques insignes emportés dans nos bagages et prenons la direction d’Inquiqué où nous avons rendez vous avec des Bikers chiliens, rencontrés la veille. La magie de la passion fait une nouvelle fois mouche. Nous passons une soirée bien arrosée au vin blanc chilien Santa Emiliano , accompagné de brochettes dignes de Gargantua. Coucher 02h30 et réveil à 6h. Nos places sont aussitôt récupérées par d’autres motards qui ont roulé toute la nuit et ont garé leurs motos dans «la salle à manger» de notre hôte. La chaleur a fait place au froid et la route est monotone. Elle me fait penser à certaines routes du Maroc ou de Tunisie et je n’ai donc été qu’à moitié étonné par le choix du passage du Paris Dakar 2009 dans cette région du Chili. Nous quittons de quelques kilomètres notre itinéraire pour dormir au bord de l’océan pacifique. Un policier en moto nous accompagne à une crique en bordure de l’océan. C’est magique! Nous en profitons pour prendre le premier bain de notre vie dans cette eau. Nous dînons aux chandelles, face à un coucher de soleil et nous profitons d’une cabane pour y jeter nos sacs de couchage. Les 3 jours suivants sont sans intérêt pour la conduite moto malgré cette vigilance nécessaire sur cette route super fréquentée. La Transamérica est le véritable cordon ombilical de l’Amérique du sud . Les camions règnent en maître, mais malgré leur vitesse et leur surcharge, les routiers sont sympas et nous le prouvent par des appels de phares et de klaxons . De longues lignes droites de plusieurs kilomètres sont jalonnées de mini stèles et d’ex-veto à la mémoire d’un conducteur disparu . On en compte environ un par kilomètre. Les couleurs du désert de l’Acatama sont magnifiques. Elles varient selon la richesse du sous-sol. Elles passent également par des tons pastels ocres de toute beauté. La lumière est exceptionnelle et les peintres en quête de nouvelles teintes devraient s’inspirer de ce coin désertique. Les quelques maisons sont distantes de plusieurs dizaines de kilomètres et les stations essence sont rares. Un sculpteur a taillé dans un rocher une main en plein milieu de ce dessert. Curieux de voir cette main du désert au milieu de rien, peut être un salut à tous les routards .



 

 Après les villes Antofacasta ,Taltal, Chanaral et Copiaco, nous longeons la côte de l’océan vers La Séréna. Nous décidons de quitter la Transamerica pour une route côtière. Nous sommes sur la Côte d’Azur et nous traversons des quartiers de maisons plus grandes et plus belles les unes des autres, en parfait contraste avec ce que nous avons connu depuis le départ. Notre voyage touche à sa fin et notre retour à la civilisation ne fait que se confirmer par le passage à Concon et Vinar del Mar où j’ai l’impression de me retrouver vers Cannes ou Nice entre buldings et marina. Valparaiso terme de notre voyage cette année nous réserve encore de belles surprises.






 
Outre son charme colonial , cette ville se détache des autres villes par son enthousiasme, sa vitalité, son romantisme et ses traditions. On pourrait se croire par endroit, tantôt à Montmartre, tantôt dans le quartier du Panier à Marseille.C’est une ville colorée avec ses maisons peintes, elle fut le refuge du Victor Hugo chilien , Pablo Néruda, écrivain et poète, dans une maison en forme de bateau sur les hauteurs de la ville dominant le port. Notre séjour s’est terminé par la rencontre avec Martha Contréra, ancienne compagne de Georges Moustaki.




Nous avons reçu une leçon d’énergie, de simplicité, d’attention et d’amitié durant les 2 jours que nous avons passés en sa compagnie. Comment un petit bout de femme peut emmagasiner autant de vitalité, de dynamisme et surtout cette simplicité pour les partager ?... un de mes plus beaux souvenirs de voyage autour d’un vin blanc chilien le Rhin, cépage Riesling de grande qualité. La dernière page de cette aventure se tourne. Un voyage du bout du monde ou les défis physiques et humains ont été à la hauteur de nos espérances. Difficile de faire ressortir tel ou tel paysage tant ces régions sont différentes. Le plaisir et la joie ne nous a jamais quittés. Nos motos ont été une nouvelle fois nos complices sans faille. Elles ont avalé ces 4300 kilomètres sans aucun problème. Deux vidanges, quelques réglages de culbuteurs et de carburations ont été nos seules interventions. Le sorcier de Cucuron alias C. n’a pas eu beaucoup à se salir les mains. Nous sommes des privilégiés de pouvoir être vos yeux,vos oreilles et d’essayer de vous faire partager du plus modestement possible nos découvertes et notre passion commune.


hasta la vista RC


http://christophe.herberichs.com/che-cmpn/...ienvenueCHE.htm

 http://lemondeautourdelamoto.com
 http://www.myspace.com/22vlalestroismotardsmousquetaires
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Publié dans amitié

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M
Bon c'est quand que les photos seront mises en ligne....avant la Toussaint ou à la saint glin glin, bisous!
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